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Mindfulness, de quoi parle-t-on exactement ?

Mindfulness, de quoi parle-t-on exactement ?

De manière générale, la « mindfulness » (pleine conscience ou présence attentive) désigne des pratiques diverses et variées qui se distinguent les unes des autres par leur forme (méditation assise, debout…) et leur objectif, c’est-à-dire l’état mental qu’elles cherchent à atteindre (le calme, le contrôle attentionnel, …). Dans ce contexte un peu flou, il est pour les chercheurs relativement difficile d’analyser scientifiquement l’impact d’une telle pratique, en particulier dans le domaine professionnel ! Comment comparer les bienfaits émotionnels et cognitifs d’une séance dans laquelle une personne ferme les yeux et se concentre sur sa respiration et une séance dans laquelle cette même personne (ou une autre) conserve les yeux ouverts et tente de rester vigilante à tout ce qui se présente à son esprit ? La quête d’apaisement d’un côté ou le renforcement de l’attention de l’autre représentent également des objectifs trop différents pour être comparés directement. Enfin les études scientifiques sur la mindfulness se heurtent au manque de contrôle sur ce que les pratiquants… pratiquent vraiment ! Pas sûr que la forme que prend dans votre esprit et donc dans vos réseaux de neurones le fait « d’accueillir avec bienveillance vos pensées » soit la même que la mienne ? Bref tout cela peut paraître un peu confus…

Pour y voir un peu plus clair et accroître votre niveau de (pleine) conscience sur le sujet, je vous propose de commencer par bien distinguer la pratique d’EXERCICES de mindfulness de l’ETAT de présence attentive que les pratiquants souhaitent souvent obtenir. N’étant moi-même pas adepte (contrairement à Jean-Christophe BEAU, animateur de notre équipe et fondateur de My Mental Energy Pro), j’insisterai plus sur l’état de pleine conscience, ou présence attentive qui possède de nombreuses et indéniables vertus que sur la pratique d’exercices qu’il faut réaliser avec régularité (voire quotidiennement), ce que je trouve pour ma part un peu fastidieux, surtout dans un contexte professionnel. Vous pouvez bien évidemment ne pas être du tout de mon avis ! Mais dans ce cas-là, soit vous faites déjà des exercices de mindfulness et vous saurez accueillir mon propos sans le juger, soit vous pressentez, dans la pratique elle-même, un intérêt pour vous et je ne saurais que vous inciter à vous lancer. Il existe à ce sujet d’innombrables livres et méthodes* et vous trouverez d’excellents exercices de base dans l’application My Mental Energy Pro dont deux nouvelles sessions ce mois-ci (bien préparer sa journée et déconnecter en fin de journée). Et bien sûr, ce n’est pas parce que j’ai moi-même du mal à m’y mettre que la pratique de la mindfulness n’a pas d’intérêt !

En ce qui concerne la pratique, je prendrais comme exemple le célèbre protocole MBSR (pour Mindfulness Based Stress Réduction) développé à partir des années 1980 par le chercheur et médecin Américain Jon Kabat-Zinn pour soigner la dépression chronique et la douleur. L’effet sur le stress indiqué dans le titre n’étant qu’une répercussion de la méthode sans constituer, au départ, un objectif. L’intérêt de la méthode est qu’elle combine différentes formes d’exercices comme le body scan (balayage corporel), la méditation assise, marchée et la méditation de bienveillance. Il s’agit donc d’une approche complète et cadrée qui se déroule sur huit semaines. Au cours de ces semaines les participants apprennent à renforcer la conscience qu’ils ont de leur corps (scan corporel), à accepter le bavardage naturel de l’esprit (notre petite voix intérieure), le yoga, l’étude de leur réaction au stress, la conscience du moment présent… jusqu’à reconnaître des qualités de compassion et de gentillesse chez eux et chez les autres ! L’intérêt majeur de ces différentes techniques est qu’elles font évoluer les relations qu’un individu entretien avec ses propres pensées et/ou perceptions plutôt que de tenter d’agir sur leur contenu, ce qui s’avérerait souvent illusoire.

En ce qui concerne les effets, il est intéressant de constater que, en portant attention au moment présent, sans jugement sur leurs états internes, les participants arrivent à mieux se connaitre et à mieux se distancier de leurs émotions et du stress inhérent à la vie moderne. Dans le même ordre d’idée, l’entraînement à la conscience du moment présent renforce l’aptitude des participants à rester concentrés et vigilants dans leurs activités quotidiennes.

Cette pratique rejoint donc d’autres formes d’entrainement cognitif visant soit à renforcer la vigilance (ou attention diffuse) soit la focalisation attentionnelle. Dans le premier cas, il s’agit de conserver un esprit ouvert et réactif à des modifications soudaines de notre environnement, dans le second cas l’objectif consiste, au contraire, à rétrécir la focale en n’allouant des ressources qu’à une petite partie des informations à notre disposition qui peuvent ainsi faire l’objet de traitements approfondis. En d’autres termes l’atteinte de cet état de pleine conscience attentionnelle représente, dans de nombreuses situations de la vie quotidienne un gage de confort et d’efficacité intellectuelle.

Comme la vocation de My Mental Energy Pro réside dans un accompagnement professionnel, nous explorons les solutions qui permettent d’atteindre cet état de pleine conscience, ou présence attentive, au moment où vous en avez besoin, mais sans avoir besoin de pratiquer tous les jours. C’est pourquoi, il me semble important d’aborder dans cette UNE, les quatre points clés qui constituent, indépendamment de la pratique d’exercice de mindfulness, des passages indispensables pour renforcer la présence attentive dans des situations de travail :

  1. Avoir une intention claire et précise. C’est la base. Il s’agit, en étant très précis sur ce que nous cherchons à obtenir à un moment donné, d’aider notre cerveau à naviguer entre attention focalisée et attention diffuse en fonction de ce que nous devons réaliser. En gros il est plus facile de trouver quelque chose quand nous savons exactement ce que nous cherchons (attention diffuse). Il est également plus facile de réaliser un mouvement précis quand nous ne subissons aucune distraction (attention focalisée) !
  2. Etre conscient du contexte et de l’environnement dans lequel nous évoluons. C’est presque une évidence, mais il est bon de rappeler que le contrôle attentionnel ou la présence attentive ne sont finalement qu’une succession de micro-décisions qui nous conduisent à traiter ou non, telle ou telle information. Cet état de contrôle conscient de nos pensées et de nos actes est tout simplement plus facile à obtenir dans le calme et la sérénité !
  3. Bien se connaître et savoir quelles situations nous poussent à perdre le contrôle. Attention, il ne s’agit pas de chercher à tout contrôler tout le temps ce qui serait à la fois épuisant et totalement illusoire. Il est en effet très pratique et mentalement économique de ne pas avoir à contrôler consciemment ses gestes pour boire un verre d’eau ou monter des escaliers ! Néanmoins et, notamment, au niveau émotionnel devenir plus conscient des liens entre une situation spécifique et un état d’énervement, par exemple, représente un excellent moyen d’apprendre à moduler progressivement des réactions trop « impulsives » !
  4. Savoir temporiser. Cela consiste, en lien avec ce que nous venons de voir, à éviter que par moment tout se bouscule dans notre esprit ! S’il n’est pas forcément souhaitable d’être conscient de la procédure motrice qui nous permet de boire un verre d’eau, il peut en revanche être intéressant de boire en conscience, c’est-à-dire en prêtant une attention particulière à nos sensations (goût, température de l’eau…). Ce faisant, nous limitons l’impact d’autres informations qui pourraient nous tracasser ou tout simplement se télescoper dans notre esprit. Enfin, la temporisation représente une réponse adaptée au fait que, dans tous les cas, notre système attentionnel ne peut pas tout traiter et qu’il est donc nécessaire de différer un certain nombre d’actions et de pensées voire de les annuler purement et simplement.

 

Bref, si nous voulons reprendre un peu de contrôle sur le monde qui nous entoure nous disposons de plusieurs solutions dont la pratique de la mindfulness ! De manière générale, l’idée est de renforcer la conscience que nous possédons de notre propre mode de fonctionnement. En langage sciences cognitives, ces connaissances sur nos propres connaissances (je sais que je sais !) s’appellent la métacognition. Il s’agit de la voie royale pour cheminer vers la l’état de présence attentive susceptible de nous faciliter la vie ou de nous la préserver lorsque, pleinement conscients d’un risque, nous décidons de ne pas réaliser « spontanément » telle ou telle action !

 * Manager en pleine conscience, Devenez un leader éthique et inspirant – Lise Peillod-BookRébecca Shankland.

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